Réforme de l’assurance-chômage : ce qui change depuis le 1er juillet 2026
Une nouvelle page se tourne pour l’assurance-chômage. Depuis le 1er juillet 2026, un nouveau mode de calcul du salaire de référence s’applique aux demandeurs d’emploi qui ouvrent des droits, tandis que le montant des allocations, lui, reste gelé faute d’accord entre partenaires sociaux. Deux nouvelles pas forcément liées, mais qui tombent en même temps et sèment un peu de confusion. On remet les choses à plat.
Une quatrième réforme en cinq ans
Depuis 2021, le régime d’assurance-chômage a été retouché à plusieurs reprises : révision du calcul du salaire journalier de référence, réduction de la durée d’indemnisation, ajustements liés à la conjoncture économique. La réforme entrée en vigueur cet été s’inscrit dans cette même logique de long terme : mieux inciter au retour à l’emploi, tout en essayant de préserver l’équilibre financier d’un régime géré paritairement par l’Unédic et mis en œuvre par France Travail.
Concrètement, ce n’est pas une remise à plat complète du système, mais un ajustement technique qui touche surtout un point précis : la manière dont on calcule le salaire de référence, base de tout le calcul de l’allocation.
Ce qui change réellement : la période de référence
Jusqu’à présent, le salaire journalier de référence (SJR) était calculé sur les 24 derniers mois précédant la fin de contrat, de manière consécutive. Le problème, c’est que ce mode de calcul pénalisait fortement les parcours professionnels hachés : un salarié ayant connu plusieurs mois sans activité au cours de cette période voyait son salaire de référence, et donc son allocation, tiré vers le bas, même si ses périodes travaillées étaient bien rémunérées.
À partir de juillet 2026, la période de référence est recentrée sur les 20 meilleurs mois travaillés, et non plus sur 24 mois consécutifs. L’objectif affiché est clair : neutraliser l’effet des périodes creuses pour les parcours fragmentés, en particulier pour les personnes qui alternent CDD, intérim et périodes sans emploi.
Un point important à retenir : cette réforme ne s’applique qu’aux nouvelles ouvertures de droits, pour les demandeurs d’emploi dont la date de fin de contrat est postérieure au 1er juillet 2026. Si vous étiez déjà indemnisé avant cette date, vos droits en cours ne sont pas recalculés rétroactivement.
Et pour les carrières continues, ça change quoi ?
Rassurez-vous : si votre parcours est stable, en CDI à temps plein ou en CDD sans longues coupures, ce changement de méthode ne devrait pas faire baisser votre allocation. Le taux de remplacement reste fixé à 57 % du salaire journalier de référence. Dans certains cas, ce nouveau calcul peut même légèrement améliorer votre situation, puisque les périodes non indemnisées sont désormais exclues du dénominateur utilisé pour le calcul.
L’impact réel dépendra donc surtout de votre profil et de la régularité de votre parcours professionnel au cours des deux dernières années.
Pas de revalorisation des allocations cette année
Autre nouvelle, sans lien direct avec le changement de calcul mais qui tombe à la même période : le conseil d’administration de l’Unédic n’est pas parvenu à un accord sur une revalorisation des allocations lors de sa réunion du 30 juin 2026. Résultat, les montants fixes du régime restent identiques à ceux appliqués depuis juillet 2025.
Concrètement, voici les principaux montants qui restent inchangés :
- Allocation minimale de l’aide au retour à l’emploi (ARE) : 32,13 € par jour
- Partie fixe de l’ARE : 13,18 € par jour indemnisé
- Aide de fin de droits : 355,86 €
- Plancher de l’ARE formation : 22,99 € par jour
- Plancher relatif à la dégressivité : 92,57 € par jour
Cela ne veut pas dire que le montant que vous touchez restera identique d’un mois sur l’autre : une actualisation tardive, une reprise d’activité partielle, une formation en cours ou une régularisation de trop-perçu peuvent toujours faire varier le virement mensuel, indépendamment de cette absence de revalorisation.
Ce qu’il faut retenir si vous êtes concerné
Si vous anticipez une fin de contrat dans les prochains mois ou si vous êtes déjà en recherche d’emploi, voici les réflexes à avoir :
- Si votre fin de contrat est postérieure au 1er juillet 2026, votre salaire de référence sera calculé selon la nouvelle méthode des 20 meilleurs mois.
- Si vous étiez déjà indemnisé avant cette date, aucun recalcul rétroactif ne s’applique à vos droits en cours.
- France Travail propose un simulateur en ligne pour estimer le montant et la durée de vos droits selon votre situation personnelle, c’est le réflexe le plus fiable pour éviter les mauvaises surprises.
- Pensez à effectuer votre actualisation mensuelle dans les temps : c’est elle qui déclenche le versement de vos allocations, indépendamment des évolutions réglementaires.
Ce type de réforme technique passe souvent inaperçu, mais elle peut faire une vraie différence sur le montant final perçu, en particulier pour les profils aux parcours les plus discontinus. Mieux vaut donc vérifier sa propre situation plutôt que de se fier aux moyennes.
Cet article s’appuie sur les informations disponibles publiquement auprès de l’Unédic et de France Travail à la date de publication. Les règles de l’assurance-chômage évoluant régulièrement, nous vous invitons à vérifier votre situation personnelle directement sur francetravail.fr.