

Lors d’un arrêt de la tournée « Reclaim Your Health » à Nashville, Robert Kennedy Jr. a suggéré que le régime alimentaire pouvait entraîner et traiter la maladie mentale. Il a souligné la recherche sur les régimes cétogènes et la schizophrénie, qui donne lieu à des résultats cliniques passionnants. Ces déclarations ont rapidement attiré l’attention des professionnels de la santé mentale. Les experts affirment que la science est plus précise que ne le suggèrent les discours.
Le régime cétogène entre dans la discussion


Le régime cétogène est un régime riche en graisses et faible en glucides qui a été initialement développé pour gérer les troubles épileptiques. Certains psychiatres, dont le Dr Chris Palmer, ont cherché à savoir si cela pourrait être bénéfique pour des conditions telles que le trouble bipolaire ou la schizophrénie. Les premiers résultats sont intéressants mais limités. La petite taille des échantillons et les courtes périodes d’étude rendent prématurées des conclusions radicales.
Pourquoi le mot « traitement » soulève des signaux d’alarme


Les professionnels de la santé mentale s’opposent fermement à ce que l’alimentation soit décrite comme un traitement des troubles mentaux. En langage clinique, le traitement signifie la disparition complète des symptômes sans récidive. Le trouble bipolaire et la schizophrénie sont des affections complexes, qui durent souvent toute la vie et qui sont influencées par la génétique et la chimie du cerveau. Le traitement peut conduire à la guérison et à la stabilisation, mais pas à l’éradication.
La nutrition et la santé mentale sont liées


Il existe des recherches légitimes et croissantes reliant la nutrition à la santé mentale. Les régimes riches en aliments ultra-transformés ont été associés à un risque accru de dépression et d’anxiété. À l’inverse, des habitudes alimentaires riches en nutriments semblent favoriser une meilleure régulation de l’humeur. Cependant, le régime alimentaire n’est qu’un élément d’un cadre thérapeutique plus large.
Le régime méditerranéen a des preuves plus solides


Parmi les approches diététiques, le régime méditerranéen bénéficie actuellement du plus grand soutien scientifique en psychiatrie. Des études suggèrent qu’il peut améliorer les symptômes de la dépression lorsqu’il est associé à des médicaments, à une thérapie ou à de l’exercice. Les psychiatres décrivent cela comme une augmentation plutôt que comme un remplacement. L’alimentation soutient le traitement mais ne le remplace pas.
Keto comme complément, pas comme substitut


Certains médecins constatent des résultats prometteurs dans les interventions cétogènes chez certains patients. Ils soulignent cependant que de telles stratégies sont utilisées en conjonction avec des traitements approuvés tels que le lithium, la psychothérapie ou les antidépresseurs. La base de données factuelles en est encore à ses débuts. Le remplacement des médicaments par un régime seul n’est pas étayé par les données actuelles.
Les risques sont souvent passés sous silence


Le régime cétogène peut comporter des risques pour la santé, notamment des problèmes cardiovasculaires associés à un apport élevé en graisses saturées. Un risque accru de maladie cardiaque est lui-même associé à de mauvais résultats en matière de santé mentale. Les régimes restrictifs peuvent également avoir un effet négatif sur les personnes souffrant de troubles digestifs ou de vulnérabilités existantes. Tout changement de régime alimentaire doit se faire sous contrôle médical.
L’appel à des solutions « naturelles ».


Les messages vantant la supériorité des aliments sur les médicaments reflètent souvent une préférence culturelle plus large pour les interventions naturelles. Même si les changements de mode de vie sont importants, la diabolisation des médicaments fondés sur des données probantes peut être néfaste. Les médicaments psychiatriques sont soumis à des tests rigoureux et disposent de plusieurs décennies de données sur les résultats. Présenter l’alimentation comme moralement supérieure simplifie à l’extrême une science complexe.
La maladie mentale a de multiples facettes


Les troubles psychiatriques résultent d’un réseau de facteurs génétiques, neurologiques, psychologiques et sociaux. Des soins efficaces comprennent généralement des médicaments, une thérapie, une gestion du stress, une hygiène du sommeil et des structures communautaires de soutien. Le régime alimentaire peut améliorer les résultats, mais il ne peut pas aborder toutes les dimensions. Réduire le traitement à une seule variable déforme la réalité clinique.
L’essentiel sur l’alimentation et la santé mentale


La nutrition affecte sans aucun doute la santé cérébrale et la stabilité émotionnelle. Manger plus d’aliments entiers, de fibres, de fruits, de légumes et de protéines de haute qualité peut contribuer à de meilleurs résultats. Cependant, il n’existe actuellement aucune preuve justifiant la classification d’un régime alimentaire comme traitement de la schizophrénie ou du trouble bipolaire. Le rétablissement est possible grâce à des soins complets et fondés sur des données probantes, et non à une seule assiette.


